Contre pied

Panthères du Gabon : Saturnin Ibela appelle à une lecture lucide de la crise


Publié le 4 janvier 2026 par Daniel Dematsatsa Mis à jour : 4 janvier 2026 à 15h56min
© D.R./SPORT241
Panthères du Gabon : Saturnin Ibela appelle à une lecture lucide de la crise

Instructeur FIFA et ancien sélectionneur des U23, Saturnin Ibela livre une analyse sans passion de la situation actuelle du football gabonais. Entre souveraineté de l’État, objectifs partiellement atteints et dysfonctionnements structurels, le technicien gabonais invite à dépasser l’émotion pour poser un diagnostic responsable.

La situation actuelle du football gabonais alimente de nombreux débats, notamment à la suite des décisions prises par l’État concernant l’équipe nationale et la Fédération gabonaise de football. Face aux interprétations parfois passionnées, Saturnin Ibela, instructeur FIFA et ancien sélectionneur des U23, plaide pour une analyse lucide et responsable.

« L’équipe nationale est une équipe de souveraineté. Elle appartient à l’État », rappelle d’emblée le technicien. Pour lui, cette réalité impose une lecture claire des rôles : l’État finance, fixe le cadre et assume les responsabilités. Dès lors, lorsque les autorités estiment que les investissements consentis ne produisent pas les résultats escomptés ou que l’orientation prise n’est pas satisfaisante, leur intervention relève non seulement de leur droit, mais aussi de leur devoir.

Coach Ibela insiste sur le fait que le Gabon n’est ni un cas isolé ni une exception. Il évoque notamment la crise traversée par l’équipe de France en 2010, qui avait conduit à une intervention directe de l’État français sous la présidence de Nicolas Sarkozy. Des pays africains comme le Sénégal, le Mali, l’Algérie ou le Maroc ont également connu, à différents moments, des suspensions ou des formes d’ingérence étatique dans la gestion de leur football. « Il ne faut donc pas dramatiser à outrance  », souligne-t-il.

Sur le plan sportif, l’ancien sélectionneur invite à une évaluation honnête des objectifs fixés. La qualification pour la Coupe d’Afrique des Nations a été obtenue. Le Gabon est passé tout près d’un exploit historique dans la course à la Coupe du Monde, échouant à quelques minutes seulement. Quant à la CAN, l’ambition était de réaliser un parcours honorable lors de la phase finale, mais hélas !

« Dans ce contexte, on ne peut pas parler d’un échec total  » pour Mouyouma, estime Saturnin Ibela. Toutefois, il nuance en rappelant que les phases finales sont des compétitions à élimination directe, où la qualité de la préparation, l’organisation et l’environnement général sont déterminants. C’est précisément à ce niveau, selon lui, que des dysfonctionnements sont apparus et méritent aujourd’hui une réflexion profonde.

Au-delà des polémiques, Coach Ibela appelle ainsi à un débat serein, centré sur l’amélioration des structures et de la gouvernance, afin de permettre au football gabonais de retrouver stabilité, ambition et performance durable.


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